Rapa Nui se situe à la pointe est du triangle polynésien, dans l'Océan Pacifique,à 3.700kms des côtes chiliennes et à 4000kms de la Polynésie Française. Sa superficie est de 166km2 et son climat est océanique subtropical avec des températures allant de 16º à 28º celsius.
Il y a 3 millions d'années, Rapa Nui s'est formée à partir d'éruptions volcaniques sous-marines.

COMPLEXE DE TAHAI
Ahu Vai Uri, Ahu Tahai,Ahu Ko Te Riku: C'est le meilleur exemple d'un centre cérémoniel avec 3 Ahu.
L'Ahu Vai Uri possède 5 moai, l'Ahu Tahai un seul moai et l'Ahu Ko Te Riku un moai auquel ont été ajoutés , à des fins touristiques, des yeux et un Pukao (coiffure de scorie rouge).
A cet endroit, on trouve des maisons en forme de bateau, des Hare Moa (poulaillers) des Manavai ( structures de protection agricole) des Umu Pae (fours polynésiens), un quai, une rampe d'accès à la mer pour les pirogues, quelques cavernes et les vestiges archéologiques d'un cercle de pierre destiné à un rituel funéraire appelé Paina. Non loin de là, se trouve la tombe de l'archéologue William Mulloy qui a restauré cet ensemble entre 1968 et 1970.

ORONGO
C'est un centre cérémoniel qui date des années situées entre 1410 et 1876, utilisé dans les derniers siècles pour le culte de l'Homme-Oiseau. 53 maisons de lauzes, éliptiques, aux petites portes carrées regardant la mer, sont au bord d'un grand cratère et disposées en deux rangées ; celle du bas se termine par l 'enceinte sacrée de Mata Ngarahu, avec des pétroglyphes à profusion et vue sur les îlots voisins.

AHU VINAPU
La phase la plus ancienne se situe vers 1200 après Jésus Christ . On distingue trois plateformes cérémonielles : la première Ahu Tahira notable pour la perfection de son mur de pierre, rappelant à première vue les travaux incas de Cuzco et de Machu Pichu.
Sous les six moai renversés, l'espace créé a été transformé en chambres secrètes. L'abdomen de l'une des statues a été peint d'ocre rouge pour des raisons inconnues au siècle dernier.
Près de la deuxième plateforme, il y a une statue intéressante de scorie rouge qui possédait deux têtes et dont certains disent qu'elle était féminine. Il ne subsiste que quelques pierres de la troisième plateforme.

AHU AKAHANGA
Cette plateforme funéraire est également connue sous le nom de chef suprême. La légende précise que la tombe d'Hotu Matu'a, le fondateur, serait près de cet ensemble:
La plateforme montre 4 phases de construction, 12 statues et les restes de 8 Pukao (coiffures de scorie rouge). Sur une seconde plateforme, on peut noter l'interruption de l'érection d'une statue. Ce site présente aussi une rampe de pirogues, plusieurs cases bateaux, des structures de foyers de pierre(umu pae) et une caverne de refuge.


LE VOLCAN ET CARRIERE RANO RARAKU
La plupart des moai ont été taillés dans la roche volcanique de ce volcan sur les versants extérieurs et intérieurs. On compte près de 400 moai à diverses étapes d'élaboration, chacune ayant ses caractéristiques et étant différente de la statue agenouillée connue sous le nom de Tukuturi.
Un moai possède un pétroglyphe de bateau 3 mâts sur la poitrine. Plusieurs moai ont été abandonnés vers l'ouest sur une route de transport appelée Ara o te Moai (le chemin des moai) vers les villages.
AHU TONGARIKI
Avec ses 15 statues, c'est la plus grande plateforme de l'île. En ruines depuis le tsunami de 1960, la restauration a commencé en 1993 grâce au financement d'une entreprise de grues japonaise. La restauration a donné des résultats spectaculaires. A quelques pas de là, se situe Papa Tataku Poki, lieu de pétroglyphes de thons, tortues, etc.
AHU TE PITO KURA
Avec un moai de près de 10 mètres de long et d'un poids approximatif de 90 tonnes, cet ensemble possède la plus grande statue transportée et érigée sur une plateforme funéraire. Le Pukao tombé auprès pèse une tonne et demie :
D'après l'information ethnographique recueillie, cette statue est l'une des dernières à avoir été renversée à la fin du 18e siècle. Sur le côté de cet ensemble se trouve une grande pierre sphérique connue sous le nom de Te Pito O Te Henua (le nombril du monde)à laquelle on attribue des pouvoirs occultes.
ANAKENA
C'est une très belle plage de sable blanc coralien, où , selon la tradition, débarqua le légendaire Hotu Matu'a et où sa femme accoucha peu de temps après son arrivée du premier Rapa Nui. Anakena est en réalité le nom d'une petite caverne avec vue sur la plage où nichaient autrefois les sternes « Kena ». A moins d'un km, derrière la colline,se situe une autre plage plus petite de sable rosé: Ovahe.
AHU NAU NAU ET ATURE HUKE
L'Ahu Nau Nau fut restauré entre 1978 et1980 par l'archéologue Sergio Rapu. Sa construction comporte plusieurs niveaux et supporte 7 moai, 2 d'entre eux étant cassés, les autres étant les moai les mieux conservés de l'île car ils étaient recouverts par le sable de la plage. Ils sont complets avec les détails des mains, les tatouages du dos et les Pukao. Quelques pìerres du mur arrière possèdent des pétroglyphes intéressants. Au cours des fouilles, un oeil de corail blanc avec sa pupille en scorie rouge a été trouvé et est actuellement au musée. Cette découverte a permis de constater que , lors de la pose du moai sur la plateforme, les yeux étaient installés pour que l'esprit de l'ancêtre protège le village sur lequel le moai regardait.
Un peu plus loin, se dresse la plateforme Ahu Ature Hucki avec un seul moai relevé par l'expédition norvégienne en 1956 et un groupe d'îliens conduits par le maire Lazaro Atán.


LES CAVERNES
Il y a des centaines de cavernes dans le secteur de Roiho, au nord de Hanga Roa.Ces cavernes ou Ana, formations volcaniques, étaient utilisées comme refuges temporaires pendant les conflits( Ana Kio) ou comme lieux de sépultures et d'habitat.
Ana te Pahu: l'une des plus grandes où abonde une végétation variée.
Ana te Pora: formation volcanique à 2 niveaux avec des vestigesd'occupation humaine.
Ana Kakenga: connue sous le nom de la caverne aux 2 fenêtres pour ses grandes ouvertures sur la mer et l'îlot voisin.
Ana Kai Tangata: liée au culte de l'homme oiseau, elle possède de belles peintures rupestres de la fin du 19ème siècle.
Ana o Keke: située à flanc de falaise, elle a 380m de long et des pétroglyphes intéressants près de son entrée.
Ana o Neru: connue comme caverne des Vierges, on y enfermait des jeunes filles pour les rites d'initiation sexuelle.

AHU AKIVI
Datant de l'an 1500, ce fut le premier autel restauré scientifiquement en 1960 par William Mulloy et Gonzalo Figueroa.Son vrai nom est Ahu Atiu mais, par erreur, il est appelé Ahu Akivi qui est en fait le nom d'un autel proche.Il possède 7 moai et est orienté astronomiquement sur l'apparition des Pléiades de juin à décembre de solstice à solstice. Comme ailleurs en Polynésie, ceci marquait le nouvel an au solstice de juin. Selon le folklore récent, les statues représenteraient les éclaireurs envoyés par Hotu Matu'a vers l'île , guidés par la description du songe du Sage Haumaka depuis Hiva.

PUNA PAU
Cratère secondaire utilisé comme carrière de scorie rouge pour faire les Pukao, ornement développé au cours de l'augmentation des autels et du pouvoir des divers groupes.Certains soutiennent qu'il s'agit de la représentation des cheveux teints de terre rouge, d'autres que c'est la représentation d'une coiffe. Selon les explorateurs du 19ème siècle et l'information ethnographique de katherine Routledge, il s'agissait de Hau iti Rau( coiffe pour faire germer les semences) en référence à la coutume de mettre des pierres de corail « karakoma » sur ces cylindres de scorie rouge pour absorber le mana, pouvoir des ancêtres, avant de les enterrer dans les champs pour fertiliser la terre.Aujourd'hui on compte58 moai avec Pukao et 31 à la carrière.D'autres ont été détruits ou réutilisés dans des constructions postérieures.


Le FOSSË DU POIKE
Selon la tradition, un groupe de Hanau Eepe s'est réfugié sur le Poike pendant la période critique des conflits entre 2 groupes rivaux et a construit un fossé de défense au pied de la péninsule du nord au sud.Finalement , vers 1680, selon le Père Sébastien Englert, le groupe rival Hanau Momoko aurait surpris les Hanau Eepe et les aurait brûlés vifs dans ce fossé, n'épargnant qu'un ou 2 d'entre eux. Cet endroit est appelé aussi « ko te umu o te Hanau Eepe », le four des Hanau Eepe, dont la date fut réaffirmée par l'expédition norvégienne en 1
Cette tradition est actuellement contredite à cause du manque d'armes d'obsidienne et des charbons datés du 11ème siècle. On y aurait planté du taro protégé ainsi du sel et du vent.D'autre part, Paymaster William Thomson, venu à la fin du 19ème siècle a mal identifié les Hanau Eepe traduisant mal « corpulents » par « longues oreilles » et les Hanau Momoko « minces » par « courtes oreilles ».D'où les extrapolations sur des migrations de race polynésienne et précolombienne.
